Melissa Depraetere (Vooruit) reprend ce lundi ses fonctions de vice-présidente du gouvernement flamand et de ministre du Logement, de l'Énergie et du Climat, du Tourisme et de la Jeunesse. C’est ce qu’elle a confirmé vendredi, alors qu’elle rendait visite à Hans Bonte (Vooruit) qui l’a remplacée pendant la durée de son congé de maternité. Depraetere était d’ailleurs accompagnée de sa fille Cécile. À l’occasion de la fin de son intérim, Hans Bonte était dimanche l’invité de l’émission De Zevende Dag (VRT). Le ministre sortant en a profité pour inviter le gouvernement flamand à faire son introspection et bien réfléchir au "récit" qu'il veut écrire durant le reste de la législature.
Le ministre Bonte au dernier jour de son intérim: "Le gouvernement flamand doit faire son introspection"
Ce lundi, Melissa Depraetere (photo) a repris ses fonctions de ministre au sein de l'équipe de Matthias Diependaele. Elle avait dû prendre congé de maternité le 14 janvier pour des raisons médicales urgentes. Sa petite Cécile est d’ailleurs née 9 semaines avant terme.
Le député flamand et ex-bourgmestre de Vilvorde Hans Bonte avait été désigné en janvier par le président de Vooruit, Conner Rousseau, pour remplacer Depraetere à la vice-ministre-présidence et exercer les compétences de l'Energie, du Logement, du Climat, de la Jeunesse et du Tourisme. Ce lundi, il retrouvait son siège de député flamand.
A l'heure du départ, interrogé dimanche sur le plateau de l’émission "De Zevende Dag" (VRT), il a fait le bilan de ses quelques mois au gouvernement flamand. Une période marquée par des tensions sur quelques dossiers, dont des mesures de soutien face à la flambée des prix de l'énergie et des économies dans le transport scolaire des élèves de l'enseignement spécialisé.
Si les relations humaines au sein de l'équipe Diependaele sont bonnes, selon Hans Bonte, celle-ci fait cependant face à un contexte difficile où il faut concilier les engagements budgétaires, en particulier le retour à l'équilibre en 2027, et des défis sociétaux, estime-t-il.
La cohésion du gouvernement en danger
Le socialiste pointe aussi du doigt la remise en cause de décisions - sur des dossiers comme Ventilus, les logements sociaux, des projets d'infrastructure - par les partenaires de coalition à peine l'encre sèche. Ce "manque de discipline" constitue "une réelle menace pour la cohésion du gouvernement", estime Bonte.
"Il serait bon que le gouvernement flamand réfléchisse au récit qu'il veut écrire les prochaines semaines, mois et années, en tenant compte du contexte budgétaire, de l'accord de gouvernement et des besoins. Il est temps de faire un exercice d'introspection", estime Hans Bonte.
Le ministre sortant s'interroge aussi sur la faisabilité de l'un des projets qui occupe les gouvernements flamands successifs depuis près de trente ans: la liaison Oosterweel qui doit décongestionner le ring d'Anvers. La dernière estimation du projet atteint 13,6 milliards d'euros. "Je ne vois pas comment on va s'en sortir financièrement", a-t-il confié, très sceptique sur l'idée d'un péage pour couvrir le coût du chantier.
Le Brabançon estime en outre que "beaucoup de moyens vont à Anvers", notamment grâce à la ministre de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA). L'Anversoise se défend de donner la priorité à sa ville mais, à croire Hans Bonte, elle se montre "très inspirée sur les endroits où il faut investir à Anvers" alors qu'il y a en Flandre "beaucoup d'autres défis à beaucoup d'autres endroits".


