En février 2018, le ministre flamand de la Mobilité de l'époque, Ben Weyts (N-VA), lançait les travaux de l'Oosterweel.

Pollution au PFOS : le gouvernement flamand et la Ville d’Anvers déjà informés en 2017

En septembre 2017, tous les membres du gouvernement flamand de Geert Bourgeois, le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever (N-VA), et un certain nombre d’échevins anversois avaient reçu des informations détaillées au sujet de la pollution au PFOS. Les risques sanitaires pour la commune de Zwijn­drecht étaient également connus. C’est ce qui ressort d’un courriel que la rédaction de la VRT a pu consulter. Cette information n’a toutefois mené nulle part. La communication prévue à destination des habitants n'a en effet pas eu lieu. 

Après le début du projet de mobilité Oosterweel (bouclage du ring d’Anvers), le maître d'ouvrage BAM/Lantis a mené sa propre enquête sur le sol. Les analyses ont établi une forte contamination du terrain dès 2017. 

Une étude a été commanditée par le toxicologue Jan Tytgat (KU Leuven) dont il est ressorti que la présence de PFOS posait problème tant pour la santé publique que pour la chaine alimentaire. Le rapport du 6 octobre 2017 conseillait de ne pas consommer les légumes issus des zones polluées au-delà des normes. Il a également été déconseillé de laisser les enfants jouer dans les bacs à sable où les sols avaient été contaminés.

En dépit de ces informations, la communication prévue des services de gestion des déchets du gouvernement flamand (OVAM) aux habitants n'a pas eu lieu. La question s'est à l’époque bien posée au sein du gouvernement de Geert Bourgeois de savoir quand est-ce qu’une soirée d'information serait organisée pour les habitants, mais en définitive l'exécutif s'est tu.

Le porte-parole de l'OVAM, Jan Verheyen, affirme qu'aucune communication n'a été réalisée car les normes n'étaient pas dépassées. 

Ouverture d’une commission d’enquête parlementaire

Mercredi, le Parlement flamand a décidé de mettre sur pied une commission d'enquête sur la pollution au PFOS liée à l'usine 3M.

La ministre flamande de l'Environnement, Zuhal Demir (N-VA), avait demandé la semaine dernière la constitution d'une telle commission. L'opposition a en fin de compte pris l'initiative. Les partis de la majorité ne parvenaient pas à s'entendre initialement mais l'Open VLD a finalement cédé. Entre temps, toutes les parties sont désormais en faveur de cette commission.

La commission d'enquête va surtout se pencher sur l'historique du dossier, et le gouvernement flamand se chargera des étapes à suivre pour protéger la population. 

Enquête de l’AFSCA aussi

L'ampleur de la pollution industrielle à Zwijndrecht est apparue à la suite de travaux d'infrastructure dans le cadre du chantier de l'Oosterweel. 

Mercredi soir aussi, l'AFSCA a annoncé enquêter sur les implications potentielles de la pollution au PFOS - de l'acide perfluorooctanesulfonique classé comme perturbateur endocrinien et polluant organique persistant - sur les produits alimentaires de la zone affectée.

Le comité scientifique de l'AFSCA se réunira la semaine prochaine pour évaluer ce qui doit être fait des produits issus des périmètres concernés et destinés à la vente.

Le gouvernement flamand déconseille d'ores et déjà aux particuliers de consommer les légumes produits et oeufs récoltés dans le kilomètre et demi qui entoure la zone concernée.  Les avis sont moins stricts pour les périmètres au-delà de cet espace. Mais les agriculteurs professionnels ne sont pas encore fixés sur leur sort. 

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