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L'afflux de migrants à Ceuta

Concertation européenne sur la crise migratoire : "Plus personne ne réclame la suspension de Schengen" constate la ministre Van Bossuyt

La réunion de concertation des ministres européens sur la crise migratoire survenue dans l’enclave espagnole de Ceuta jeudi dernier s'est déroulée ce mardi dans une atmosphère "constructive", a salué le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska. La ministre belge de l'Asile et la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), qualifie elle aussi de "très constructive" la concertation avec ses homologues. Selon elle, tous reconnaissent la nécessité d'une unité au sein de l'Union européenne. Aucune mesure concrète n'a été arrêtée, mais ce n'était pas l'objectif de la réunion.

Anne François Belga
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"Plus personne n'a demandé la suspension de Schengen (la libre circulation des personnes et des biens)", précisait Anneleen Van Bossuyt à l’issue de la réunion. "Tout le monde a exprimé sa solidarité envers l'Espagne. L'Italie l'a fait également." Au lendemain de l'afflux massif de migrants à Ceuta, l'Italie avait pourtant vivement critiqué l'Espagne.

"Nous sommes d'accord sur la nécessité de renforcer les frontières extérieures, de lutter davantage contre l'immigration illégale et de démanteler le modèle économique des passeurs." Pour la ministre Van Bossuyt, l'essentiel est que le franchissement illégal de la frontière ne soit pas récompensé par un droit de séjour.

"Cette concertation a surtout consisté en un échange de vues. L'objectif n'était pas d'aboutir à des recommandations très concrètes. La prochaine étape importante sera le sommet européen d'octobre. C'est alors qu'il faudra mettre sur la table des propositions plus concrètes."

La ministre à l'Asile et la Migration Anneleen Van Bossuyt (archives)

Peu avant le début de l'échange entre pays européens sur la migration, ce mardi après-midi, le Premier ministre Bart De Wever avait réclamé "toute la clarté" sur ce qui s'est produit jeudi dernier à Ceuta lorsque quelque 72.000 personnes ont pénétré dans l'enclave espagnole en Afrique du nord depuis le Maroc. "Cela donne l'impression qu'il y a une porte ouverte et que quiconque souhaite nous mettre sous pression peut utiliser l'immigration comme arme géopolitique. C'est particulièrement frustrant", avait déclaré le chef du gouvernement belge.

"Il est clair que l'Europe doit fermer ses frontières", estime De Wever, tout en reconnaissant le droit de son homologue espagnol Pedro Sanchez, plus favorable à l'immigration que la plupart des dirigeants européens, à mener la politique pour laquelle il a été démocratiquement élu.

Le Premier ministre Bart De Wever

70.000 migrants rentrés, 75 décédés

Pour éviter la répétition de tels incidents à l'avenir, les partenaires européens ont convenu d'améliorer la communication et d'organiser un meilleur monitoring des informations circulant sur les réseaux sociaux.

Selon un nouveau bilan livré par les autorités espagnoles, quelque 72.000 personnes ont pénétré jeudi dernier dans l'enclave espagnole en Afrique du nord, mais 70.000 en sont déjà ressorties. Septante-cinq migrants ont néanmoins perdu la vie, principalement par noyade.

Selon l'ONG Save the Children, près d'un millier de mineurs non accompagnés sont toutefois restés à Ceuta. Le gouvernement espagnol a annoncé ce mardi une enveloppe "extraordinaire" de 25 millions d'euros destinée à leur prise en charge.

La ministre de la Migration Anneleen Van Bossuyt, qui représentait la Belgique à la vidéoconférence extraordinaire des ministres européens, y a insisté sur l'importance de mieux protéger les frontières européennes. Elle a également réclamé davantage de budgets européens pour soutenir les contrôles, un renforcement de l'agence européenne de contrôle aux frontières Frontex, ainsi que des sanctions plus sévères contre les passeurs. "Le passage illégal d'une frontière ne peut jamais mener à un droit de séjour", a insisté la ministre belge sur LinkedIn.

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